Cancer de la vessie 2017-03-17T11:02:00+00:00

Cancer de la vessie

Le cancer de la vessie a son origine dans la muqueuse qui tapisse l’intérieur de la vessie, son évolution est différente selon qu’il intéresse seulement la muqueuse, il est alors superficiel, ou bien l’ensemble de la paroi vésicale, il est alors infiltrant. Son traitement est conservateur dans le premier cas, chirurgical dans le second.

10 000 nouveaux cas annuels, dont 80 % chez l’homme.
Il a le 5e rang dans la fréquence des cancers et provoque 4 000 décès par an.

Son incidence augmente du fait du diagnostic plus précoce par la fibroscopie vésicale (une fibre optique reliée à une caméra introduite sous anesthésie locale dans la vessie).


Les facteurs de risque favorisant le cancer de vessie :

> le tabac : la relation est bien établie, les fumeurs ont un risque de cancer de vessie 4 fois supérieur aux non fumeurs
> Risque professionnel : les amines aromatiques utilisés dans l’industrie du goudron, des pneumatiques, du textile, augmentent le risque
> les infections chroniques, d’autres facteurs sont étudiés : le café, certains médicaments…

Les symptômes
L’hématurie : la présence de sang dans les urines est retrouvée dans 90 % des cas, qu’elle soit visiblanalysee (macroscopique) ou non visible (microscopique), elle doit toujours motiver la consultation de son médecin
D’autres symptômes sont présents dans 20 % des cas : mictions fréquentes, brulures, douleurs
Le dépistage repose sur la recherche de sang dans les urines à l’aide d’une bandelette réactive


Le diagnostic:

L’examen clinique est systématique mais peu contributif ; le diagnostic repose sur les examens complémentaires :
-l’ECBU confirme l’hématurie et écarte une infection,
-l’échographie vésicale peut déceler un « polype »,bcg_et_interferon_a-2b_pour_le_carcinome_de_la_vessie
-la cystoscopie ou fibroscopie vésicale permet de visualiser la tumeur, dans les cas moins évidents, elle est associée à la cytologie urinaire (recherche de cellules cancéreuses dans les urines), et à la biopsie (prélèvement de tissu).cancer-de-vessie-3

Le bilan d’extension comporte un uroscanner avec injection de produit de contraste pour rechercher une autre tumeur sur le haut appareil (reins et uretères) et un scanner thoracique.

 


 

Les traitements :

Dans leur choix, on retrouve la dualité entre tumeur superficielle et tumeur infiltrante.

* La grande majorité des tumeurs est superficielle, elle répond à un traitement conservateur :
imgres La résection endoscopique (endoscope introduit par l’urèthre) supprime la tumeur vésicale qui est analysée au microscope dans sa totalité. La fluorescence améliore la vision de certaines tumeurs superficielles.
– Les instillations vésicales de chimiothérapie (MITOMYCINE C) ou d’immunothérapie locale (BCG) ont pour but d’éviter la récidive que l’on doit toujours craindre.

Le risque important de récidive justifie les controles réguliers par fibroscopie.

fig3*La tumeur de vessie infiltrante
C’est à dire lorsque le cancer envahit le muscle et la paroi vésicale : la cystectomie partielle n’est possible que dans 5% des cas, le traitement habituel est une chirurgie d’exérèse large emportant la vessie et les ganglions pelviens + la prostate (cystoprostatectomie) chez l’homme, + l’utérus et une collerette vaginale 1272795520541(pelvectomie antérieure) chez la femme.
Les urines sont recueillies dans un poche externe fixée à la paroi dans le « Bricker » : un segment d’intestin étant interposé entre les uretères et la peau.

L’entérocystoplastie consiste à remplacer la vessie par une poche intestinale appelée néo-vessie qui reçoit les uretères et s’abouche à l’urèthre, préservant ainsi le schéma corporel.


Il existe d’autres modes de dérivation moins usités :
* l’urétérostomie cutanée  : les uretères sont abouchés séparément à la peau.
* la dérivation urétéro-colique  : les urines sont évacuées par l’anus.
Il s’agit dans tous ces cas d’une chirurgie uro-digestive délicate nécessitant la proximité d’un service de réanimation et une hospitalisation de 15 jours.

La chimiothérapie est préconisée avant l’intervention ou en complément de la chirurgie quand il y a des métastases.

La place de la radiothérapie est limitée à quelques cas particuliers.

Les progrès suivent trois axes principaux :
– améliorer les suites et la qualité de vie après chirurgie (laparoscopie, néo-vessie, …)
– optimiser les traitements en les synchronisant (chimiothérapie néo-adjuvante),
thérapie ciblée : par des médicaments « anti angiogéniques ».
Après le diagnostic de cancer de vessie, dont on voit qu’il y a tous les degrés de gravité, la surveillance régulière est de mise sur une période de 15 ans.